Mineurs et corridas : l'ONU renouvelle ses recommandations

Publié le par PSY

Le Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU, à l'occasion de ses conclusions concernant la Colombie, vient à nouveau de faire part de ses préoccupations et de ses recommandations à propos des mineurs qui assistent ou participent aux corridas.
Raison de plus pour solliciter à nouveau Unicef France, le Comité des Droits de l’Enfant devant rendre son rapport sur la France début 2016.
Mineurs et corridas : l'ONU renouvelle ses recommandations
 
Le cadre légal international
 
Lors de sa 68ème session (12-30 janvier 2015), le Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU (Committee on the Rights of the Child : CRC) a émis ses conclusions sur la situation des droits de l'enfant (c'est-à-dire des mineurs) dans plusieurs pays, dont la Colombie.
Pour rappel, le contrôle de la mise en œuvre des différentes conventions internationales (dans le cadre de l'ONU) ayant trait aux droits de l'homme est confié à neuf comités (et un sous-comité) dits « organes de traité ».
Le Comité des Droits de l'Enfant est l'organe officiellement chargé de vérifier l'application de la CIDE (Convention internationale des droits de l'enfant), laquelle est une convention juridiquement contraignante pour les États-parties depuis 1990. Il est constitué de 18 experts indépendants élus par les État-parties.
 
 
En février 2014, le CRC avait abordé la question à propos du Portugal
 
Il y a un an, à l'occasion de la 65ème session, le CRC avait fait part de ses préoccupations et de ses recommandations à propos de mineurs et des corridas de type portugais, à l'occasion de ses conclusions concernant donc le Portugal.
 
En août 2014, pendant la « saison taurine », le PROTEC s'était associé à plusieurs éminents professionnels de la psychologie et du droit pour interpeller le gouvernement français sur les mesures qu'il comptait prendre à ce sujet. En septembre, l'Elysée répondait avoir pris acte de nos questions.
 
En novembre 2014, à l'occasion du 25ème anniversaire de l'adoption par l'ONU de la CIDE et du 50ème anniversaire du Comité Français pour l'Unicef (ou Unicef France), le PROTEC a demandé à ce dernier de s'associer à cette lettre au gouvernement
Mais cette association, qui relève de la loi de 1901 mais est censée représenter l'UNICEF International et promouvoir la CIDE, malgré les très nombreux relais de notre requête par des citoyens soucieux à la fois du sort des enfants et des animaux, n'a pas seulement daigné nous répondre.
Des mauvaises langues pourraient en conclure que l'unique raison d'être d'Unicef France est d'encaisser des dons…
Rappelons que le Comité des Droits de l’Enfant doit rendre ses conclusions sur la France début 2016.
 
 
La Colombie
 
Le fait que le CRC se préoccupe de l'impact des corridas sur les mineurs en Colombie est d'autant plus marquant que dans ce pays, les autres sujets de préoccupation ne manquent pas.
La violence qui y règne en fait le 150ème pays sur les 162 du classement 2014 de l'Institute for Economics & Peace, à partir du Global Peace Index. C'est le plus violent des pays où se pratique la corrida.
On peut également consulter le site du ministère des Affaires étrangères français.
 
L'insécurité est notamment la conséquence du conflit entre et le pouvoir et les FARC depuis des décennies, dont pâtissent avant tout les civils, mais également des groupes para-militaires d'extrême-droite, des gangs de trafic de drogues, et des para-militaires reconvertis dans la criminalité.
 
 
Les conclusions du CRC
 
Le CRC, suite à sa 68ème session, a mis en ligne le 4 février ses conclusions (dans un premier temps seulement en anglais) à propos des mineurs et la corrida en Colombie. La Fondation Franz Weber a contribué à fournir aux experts du CRC un dossier leur permettant d'évaluer la situation.
Voici les conclusions portant sur la tauromachie [mises à jour avec la mise en ligne ultérieure de la version française] :
 
« Violences à l'égard des enfants
    Droit de l'enfant d'être protégé contre toutes les formes de violence
 
27. Le Comité est profondément préoccupé par le degré élevé de violence auquel sont exposés les enfants, et en particulier par :
[…]
(f) le bien-être physique et mental des enfants qui sont formés à la tauromachie et participent à des corridas, et le bien-être mental et émotionnel des enfants qui assistent à des corridas et son exposés à la violence de ce spectacle.
[...]
 
28. A la lumière de son Observation générale no 13 (2011) sur le droit de l’enfant d’être protégé contre toutes les formes de violence et compte tenu des recommandations de l’Étude des Nations Unies de 2006 sur la violence à l’encontre des enfants (A/61/299), le Comité prie instamment l’État partie de faire de l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des enfants une priorité, et en particulier :
[…]
 
(i) En  vue  d’interdire  la  participation des  enfants aux  courses  de taureaux, y compris aux corralejas(*),  de  prendre  les  mesures  législatives  et administratives nécessaires pour protéger tous les enfants qui sont formés à la tauromachie et participent  à  des corridas, ainsi  que ceux  qui  assistent à  des corridas en tant que spectateurs, et de faire prendre conscience de la violence physique  et psychologique associée  à  la  tauromachie  et  de  ses  effets  sur  les enfants.  »
 
(*) : forme de corrida colombienne « populaire » propre à la région de la côte caribéenne.
 
Signalons aussi, dans le section « Exploitation économique, notamment travail des enfants », que le CRC (point 59) « demeure en particulier profondément préoccupé par le fait que des enfants continuent d’effectuer des  travaux  dangereux  et/ou  dégradants  ([…] tauromachie, entre autres). »
 
 
Conclusion
 
Lors de son rapport publié en février 2014 sur le Portugal, le Comité des droits de l'enfant avait fait part de ses préoccupations concernant l'impact des corridas de type portugais sur les mineurs.
Avec ses conclusions de février 2015 sur la Colombie, il fait part de ses préoccupations concernant les corridas de type espagnol, c'est-à-dire la grande majorité de courses sanglantes.
Pour le coup, la France est encore plus concernée.

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Mallardeau yves 11/06/2015 02:35

Pour se construire, les enfants ont souvent besoin de jouer, d'imaginer, de se réfugier pour pouvoir repartir affronter le monde extérieur. Quel jeux morbides, quelle imagination sanglante, quel refuge verrouillé s'ils sont spectateurs de corrida. Dans d'autres pays, on leur donne une arme pour en faire des enfants soldats

menuge denise 09/02/2015 08:28

je suis contre la corrida et il est inadmissible qu'on y amène des enfants et encore plus qu'on leur apprène a massacrer des taureaux voir meme des veaux