Article du Midi Libre - 9 juin 2016

Publié par PSY

Nîmes : l’Unicef, les Anti et la réponse du maire
Nîmes : l’Unicef, les Anti et la réponse du maire
Lors de la manifestation baptisée Rendez-vous en terre d’aficion, aux arènes, en avril. 
ARCHIVES / NASSIRA BELMEKKI
 
Nîmes bénéficie du label “amie des enfants”. Les opposants à la corrida s'offusquent.
 
C'est une lettre qui fait grand bruit, même si son contenu n'est pas encore dévoilé. Une chose est sûre : le sénateur-maire de Nîmes s'apprête à répondre au président d'Unicef France, sur un sujet qui peut, en quelques heures, faire couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux ! Et c'est le cas.
 
"S'engager à faire des efforts pour faire évoluer les traditions"
 
En début de semaine, en mairie, est arrivé un courrier de l'Unicef pour rappeler la position que défendent l'association internationale Unicef et l'ONU en matière de tauromachie, comme nous l'évoquions le mardi 7 juin. Jean-Marie Dru, président d'Unicef France, y souligne que les États membres de "la Convention relative aux droits de l'enfant devaient s'engager à faire des efforts pour faire évoluer les traditions qui peuvent porter atteinte au bien-être de l'enfant et éviter que les enfants ne soient exposés directement à la tauromachie."
 
"Les actions taurines destinées aux enfants se multiplient"
 
Cette lettre, qui a suscité l'émotion des aficionados, fait en réalité suite à une cyberattaque de militants anti-corrida. Depuis le 22 février, date à laquelle l'Unicef a renouvelé son label “ville amie des enfants”, la Nîmoise Claire Starozinsky, présidente de l'Alliance anticorrida, tente d'interpeller les plus hauts responsables de l'association. "Comment Nîmes peut obtenir ce label en menant une véritable offensive pour créer un renouveau dans les arènes ? Depuis janvier, les actions taurines destinées aux enfants se multiplient ici plus qu'ailleurs. Comment peut-on accorder une telle reconnaissance à une ville qui convie 22 établissements scolaires, dont des écoles maternelles, à l'exposition “Tauromachies universelles” ?" Ses premiers courriers n'ayant pas obtenu de réponse, les adhérents de l'Alliance ont décidé d'envoyer, d'inonder plutôt, des courriels à l'Unicef... Plus de 500 au total !
 
"Il y a des choses bien plus graves et dangereuses !"
 
Jean-Paul Fournier, joint mercredi par téléphone, s'étonne quand même un peu. "Quand je vois toute la violence à laquelle sont confrontés les enfants à la télé, avec les jeux vidéos ou même dans la rue, je pense qu'il y a beaucoup d'autres choses à faire avant, il y a des choses bien plus graves et dangereuses ! Nîmes est ville amie des enfants depuis longtemps et nous sommes attentifs à ce que les enfants soient préservés de toutes choses négatives. Mais c'est toujours pareil : les Anti sont des ayatollahs."
 
Une spécificité impossible à ignorer
 
L'affaire prendra-t-elle une tournure démesurée comme le feuilleton de la fresque de l'école Prosper-Mérimée ? Peu probable. Il serait étonnant que l'association retire le label qu'elle accorde depuis plus de dix ans maintenant à la cité romaine. La Ville n'a jamais caché ni son identité, ni sa culture taurine. Spécificité que l'Unicef ne pouvait ignorer.
 
  •  L'Unicef n'a pu répondre mercredi 8 juin à nos sollicitations.
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