Mineurs et corrida : les recommandations du Comité des droits de l’enfant à l’Espagne

Publié le par PSY

Lors de sa 77ème session (14 janvier- 2 février 2018), le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU a rendu ses conclusions sur la prise en compte de la Convention internationale des droits de l’enfant à propos de plusieurs États dont l’Espagne. Il reste cohérent dans les recommandations concernant la corrida, qu’il avait déjà adoptées pour 6 autres pays taurins de la planète.

 

 

Les conclusions mises en ligne, pour l’instant consultables en anglais, sont sans ambiguïté :

III . Main areas of concern and recommendations

    […]

E. Violence against children (arts. 19, 24(3), 28(2), 34, 37 (a) and 39)

   […]

Bullfighting

25.     In order to prevent the harmful effects of bullfighting on children, the Committee recommends that the State party prohibit the participation of children under 18 years of age as bullfighters and as spectators in bullfighting events.

 

« Dans le but de prévenir les effets néfastes de la corrida chez les enfants, le Comité recommande que l'État partie interdise la participation des mineurs de moins de 18 ans en tant que toreros et en tant que spectateurs aux événements tauromachiques. »

 

Cette nouvelle recommandation pourrait faire couler de l’encre, puisqu’elle concerne le pays où a pris historiquement naissance la tauromachie sanglante.

 

Les huit États où se pratiquent encore les corridas sont, en Europe : l'Espagne, la France, et le Portugal (avec la corrida portugaise ou "tourada"), et en Amérique latine : le Mexique, le Venezuela, la Colombie, l'Équateur et le Pérou.
Donc, à présent, 7 États ont  fait l'objet de recommandations du Comité des droits de l'enfant sur ce sujet : le Portugal (janvier 2014), la Colombie (janvier 2015), le Mexique (juin 2015), le Pérou (janvier 2016), la France (janvier 2016), l'Équateur (septembre 2017), et l'Espagne (janvier 2018).
Seul le Venezuela n'a pas fait l'objet de recommandations sur ce sujet au terme de la session de septembre 2014. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'Office de Défense du Peuple (« Defensoria del Pueblo »), quasiment depuis sa création au tournant de ce siècle, lançait déjà des procédures efficaces pour faire interdire l'accès des mineurs aux corridas.

 

 

 

Et pendant ce temps-là, les interpellations adressées au gouvernement français (août 2014, mars 2016) ou au ministère de l’Éducation (décembre 2017) restent lettres mortes.   
De mauvais esprits pourraient en conclure que nos décideurs politiques sont décidément plus attentifs au lobby tauromachique qu’au Comité des droits de l’enfant de l’ONU…
 

Notons que de leur côté, depuis le début de l’actuelle législature, des élus ont commencé à interpeller le gouvernement sur ce sujet par des « questions écrites » :

 

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